vendredi 13 janvier 2017

Bruno Giuliani - L'Éthique de Spinoza - Une version pédagogique

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Introduction : Méthodologie

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Les trois genres de connaissance

A y regarder de près, toutes les pensées peuvent se ramener à trois types :
1. Celles qui viennent du corps. Ce sont les connaissances qui passent d’abord par les sens, puis par la mémoire, et enfin par l’imagination. Par exemple la perception d’un objet comme le soleil par nos yeux ou notre peau.
2. Celles qui viennent du raisonnement. Ce sont les connaissances que nous avons par déduction ou par induction. Par exemple le résultat d’une opération logique ou d’un calcul mathématique.
3. Celles qui viennent de l’intuition. Je veux parler de la connaissance directe de l’essence d’une chose par l’usage de la seule intelligence, comme on le voit dans les mathématiques. Par exemple une idée évidente comme la nature du cercle ou celle du tout et de la partie.
Il est évident que la première catégorie ne peut m’apporter aucune connaissance absolument certaine. La connaissance corporelle (que j’appellerai la perception) me fait connaître beaucoup de choses, mais cette connaissance est très douteuse et imparfaite, les sens ne me faisant connaître que la manière dont mon corps réagit à d’autres corps, et non leur véritable nature. La vue du soleil par exemple ne me fait pas comprendre son essence, mais seulement que je perçois de la lumière en provenance d’un point du ciel. De même ma perception d’un aliment par la vue ou le goût ne me fait pas connaître sa nature, ni s’il est comestible et bon pour la santé, si c’est un médicament ou au contraire un poison, etc. Il en est de même de la perception d’un homme ou de toute autre chose du monde. Toutes les idées de la perception, et donc aussi de la mémoire et de l’imagination, sont ainsi confuses, mutilées, et donc incertaines.
Je dois donc commencer par rejeter toutes les perceptions qui passent par le corps, puisqu’elles sont un mauvais moyen d’atteindre la vérité au sujet des choses elles-mêmes. Je dois aussi abandonner toutes les connaissances qui en découlent : tout ce qui est dans ma mémoire, dans mon imagination… Et donc, je m’en aperçois avec stupeur, tout ce que j’ai appris à penser à travers les mots du langage courant… Autrement dit je dois renoncer à utiliser l’immense majorité de mes idées !
Quand au second genre de connaissance, le raisonnement, il permet certes d’être certain de la validité d’une déduction, mais il n’est pas non plus totalement satisfaisant. Raisonner ne fait en effet que conclure avec certitude une chose d’une autre, mais ne permet pas de reconnaître que celle dont nous partons est vraie, c’est-à-dire conforme au réel. Le raisonnement suivant par exemple est juste : « si tous les hommes sont mauvais et que Socrate est un homme, alors Socrate est mauvais ». Mais il ne peut pas nous faire savoir si la prémisse « tous les hommes sont mauvais » est vraie.
Reste la troisième catégorie d’idées, celles qui naissent de l’intuition. Or celle-la apparaît nécessairement à mon esprit comme à celui de tout autre comme toujours vraie. En effet, quand je conçois une chose d’après l’idée de son essence, je ne peux douter que ma pensée est vraie et il en est nécessairement de même pour tous les êtres pensants. Si je pense à la nature d’un cercle, je ne peux douter que tout cercle réel est nécessairement conforme à l’idée que je m’en fais : le résultat de la rotation d’un segment de droite autour d’un point.
J’ai donc trouvé la bonne méthode pour progresser vers la vérité et la sagesse : je dois abandonner toutes mes anciennes croyances et apprendre à tout repenser en n’utilisant que des intuitions, puis élaborer tous mes raisonnements à partir de ces intuitions nécessairement vraies et donc certaines.
Voyons de plus près ce qu’est exactement une intuition.

La science intuitive

Quel que soit la chose sur laquelle elle porte, une intuition est la connaissance de cette chose par la conception de son essence. Intuitionner, c’est penser les choses telles qu’elles sont, selon la nécessité intrinsèque qui les fait être ce qu’elles sont. C’est ainsi que je sais que deux plus trois font nécessairement cinq, que le tout est nécessairement plus grand que la partie, qu’une sphère est nécessairement le résultat de la rotation d’un cercle autour de son diamètre, que la joie est nécessairement meilleure que la tristesse, qu’une chose ne peut absolument pas exister sans cause, qu’une chose singulière diffère nécessairement d’une autre chose singulière, que le temps est la condition du changement et l’espace la condition du mouvement, etc. Toutes ces vérités sont certainement vraies parce qu’elles sont nécessaires, même si je ne perçois pas leur réalité physique avec mon corps. Quand je les pense, mon esprit est dans une totale clarté et une parfaite précision.
Les réalités que je peux saisir de cette manière sont certes peu nombreuses et très simples, mais mes intuitions pourront se développer et s’étendre ensuite en complexité par le raisonnement. D’autre part, elles sont le seul moyen dont je dispose pour demeurer avec certitude dans la vérité et m’entendre d’une manière certaine avec autrui, quelle que soit sa culture et sa langue.
Je vais donc partir de mes intuitions et tenter de progresser de raisonnement en raisonnement pour m’approcher de la compréhension de la sagesse en évitant toutes les idées issues de la perception.
Lorsque j’aurais une connaissance vraie des conditions de mon bonheur, je connaîtrais les actions qui peuvent me procurer de la joie et éviter la tristesse.
Me voici donc à présent en possession de ma méthode : développer toutes mes pensées à partir de mes intuitions et à déduire ensuite avec une parfaite clarté toutes les autres idées que je jugerai utiles pour atteindre mon but.
Ce faisant, je devrais évidemment redéfinir les mots du langage et les concepts de la pensée à chaque fois que cela me sera nécessaire pour éviter de retomber dans les préjugés des conceptions communes, et je devrais également rectifier en conséquence ma mémoire, mon imagination, mes opinions et raisonnements habituels, en un mot la quasi-totalité de mon esprit, pour réapprendre à penser le plus possible selon la vérité.
Et comme mes pensées ont besoin de mots pour s’exprimer et être fixées dans un raisonnement qui puisse être communiqué, et bien que le langage ne soit pas un bon moyen pour penser de manière intuitive toutes les vérités, j’utiliserai le langage comme moyen de traduire ces intuitions avec autant de précision et de clarté que je pourrai, en m’efforçant de le rendre compréhensible non seulement à moi-même mais aux autres.
Vaste entreprise, mais sans cette réforme totale de mon esprit, je risque de rester dans les illusions de la pensée commune et ne pas progresser avec sécurité dans la recherche de cette vérité et de ce bien communicable que je recherche.

La renaissance spirituelle

A présent que j’ai trouvé la bonne méthode, sur quelle idée dois-je commencer à l’appliquer ? Il est clair que cette idée sera d’autant meilleure qu’elle me permettra de comprendre un plus grand nombre de choses. Plus en effet je pourrais déduire de choses à partir de son intuition, plus mon esprit sera puissant, plus mes actions seront adéquates au réel, plus je serai apte à satisfaire mon désir et en être heureux.
D’autre part, si une idée est d’autant meilleure qu’elle a plus d’étendue, il est évident que la meilleure idée que je puisse penser est celle qui correspond à la réalité qui a le plus d’étendue. Quelle est l’idée la plus ample que je puisse penser ? C’est nécessairement celle de l’infini.
Qu’est-ce donc que l’infini ? C’est de l’intuition de cette idée que je dois partir pour commencer ma recherche.
Le projet est clair. La méthode est trouvée. Ma recherche peut à présent véritablement commencer.

jeudi 12 janvier 2017

"De-ai adormi, iubito (de fapt, "Elegie la trenurile reci")"

Mai demult, am promis ca voi incerca sa cânt "De-ai adormi, iubito (de fapt, "Elegie la trenurile reci")" asa cum a fost melodia compusa de catre Dan Tudor (si Sandu? nu-mi amintesc care a fost contributia fiecaruia), pe versurile lui Mircea Dinescu.
O fi lucrat si fratele meu la compozitia melodiei? (*) Nu mai stiu. Imi aduc doar aminte ca o cantau impreuna, ca doi zei tineri. Unul la pian (Dan) si celalalt la chitara (fratele meu). Si amandoi, la voce. Ouaaaah, c'était magique! Din pacate, nu sunt sigura ca-mi aduc aminte corect-corect nici de melodie..., uf! Dar incerc, aici:

https://www.youtube.com/watch?v=0r_hzfyteT0

Sau:
(*)-----update---- Melodia: Dan Tudor

lundi 9 janvier 2017

Despre Sandu și balauri. Despre balauri răpuși.

Sandu imi era frate, dar mai ales prieten. Nu ne spuneam unul altuia "prietene", ci "frățioare" si "surioară", dar eram prieteni.

Era un om care traia cu pasiune! Pentru el toate erau fie bune fie rele, fie albe fie negre... Un om pasionat in absolut tot ce gandea si facea: se hranea cu pasiune, dormea cu pasiune, bea cu pasiune, fuma cu pasiune, iubea cu pasiune, ura cu pasiune, refuza cu pasiune, cânta cu pasiune, vorbea cu pasiune, facea politica cu pasiune..., cred ca si cand tacea o facea cu pasiune!

Dar boala asta l-a golit de esenta lui inca inainte de a-l omori fizic. In ultimele 6 luni, de cand aflase ca are cancer, am vorbit impreuna pe Skype aproape in fiecare zi. Practic 5 zile din 7. La inceput, tuna si fulgera, dupa bunul lui obicei, "am sa-l dovedesc!!! futu-i!!!" si da-i cu suc de aloe, da-i cu ceaiuri fermecate, da-i cu ulei de canabis, mancare vegetariana, tigarile aruncate cat colo, nici un strop de alcool...

Dar Sandu avea ochii limpezi, pielea roz, ii spuneam ca nu se poate sa arate asa de bine si sanatos si, in acelasi timp, sa aiba un asemenea balaur in piept!!! O vreme ne-am hranit cu totii cu iluzia ca precis s-a inselat cineva, undeva, pe la esantioanele de analize, sau vreun doctor, la interpretari de imagini scanate...

Dar iluzia s-a dovedit a fi o adevarata iluzie. Michi a inceput sa caute cu disperare pe web orice metoda susceptibila sa vindece cancerul. Si eu la fel. Si sora noastra, Irinuca, la fel. Am citit impreuna si separat sute de pagini de articole, mai mult sau mai putin stiintifice. Dintre toate, Sandu a aplicat 2 metode: uleiul de canabis si mebendazolul. Degeaba. Plus chimioterapia. Eu nu as fi vrut sa faca chimio. Dar el a vrut. Însa nici asta nu i-a folosit la nimic. S-a ales doar cu efectele ei negative.

Intre timp, balaurul din pieptul lui tot crestea si se aseza mai bine. Mi-l inchipuiam cum se lafaie in plamanii lui, ca intr-un cuib de carne. Ii sugea si respiratia si puterile si pasiunile si albul ochilor si culorile din obraji si placerea de a se mai uita la mine pe cand ne intalneam pe skype! Sandu ajunsese sa nu se mai uite la ce-l inconjura, nici la oameni nici la lucruri. Cred ca se uita inauntrul lui. Il intrebam ce faci? cu ce te ocupi? citesti ceva? mergi pe web? te gandesti? cand dormi, ce visezi? iti amintesti de vise? dar visezi?... Devenise apatic. Vorbea strictul necesar. Incet, incet, chiar si strictul necesar s-a subtiat. Nu se mai ridica din pat decat ca sa meargă la baie. A facut asta pana in ultimele lui zile. Cu ajutorul lui Michi, spre sfarsit. Probabil ca pasiunea pentru independență a fost ultima care l-a parasit.

Michi s-a luptat teribil, tot timpul asta. Impotriva efectelor de tot felul ale acestei boli. Era deja slaba la trup, ca asa e felul ei. Acum, e aproape o umbra. Dar cred ca i-a fost atat de greu, atat de imens de greu!, incat nu m-as mira ca acum sa aiba impresia ca nimic nu-i mai poate sta in cale, devreme ce nu mai are de luptat cu balauri, devreme ce Sandu, murind, i-a omorat pe toti. Balaurul din pieptul lui facuse pui mai peste tot...! Futu-i!
...

Ultima oara cand l-am vazut pe Sandu a fost formidabil!
Ma contactase Michi, pe skype. Nu-l mai vazusem pe Sandu de vreo vesnicie. Si Michi si eu credeam ca Sandu doarme. Dar, pe cand vorbeam, l-am auzit strigand: "Multă sănătateeeeeeeeeeeeeeee! Multă sănătateeeeeeeeeeeeeeee!"" Tare si raspicat. De doua ori. Apoi, Michi mi l-a pus in bataia camerei, ne-am vazut, ne-am bucurat, am mimat ca ne imbratisam, si unul si celalalt. Mi-a spus: "Am ceva la cap." Eu: "cum adica?" El: "S-a intins porcaria asta la cap. Dar joi mergem la doctor, altul acuma, sa vedem daca putem trata cumva, in afara de chimio." Parea vesel, desi nu s-a ridicat din pat. Totusi, parea vesel sau macar bucuros ca ne vedem.

Multa vreme il voi vedea pe Sandu in mai toti barbatii cu barba pe care-i voi intalni, si mai ales in cei cu barba si palarie... Dar asta e! Inca nu regret ca nu am inregistrat toate conversatiile noastre skype de 6 luni incoace, dar s-ar putea ca, in viitor, sa-mi para rau. Asta e!

Zilele trec. Azi va avea loc incinerarea. Daca nu as fi scris cuvintele astea, nu as fi inceput din nou sa plang. E foarte curios: ma gandesc in fel si chip la frati-miu. Ii vorbesc cu drag, in gand, dar nu plang decat daca scriu sau vorbesc ce gandesc. De aceea, in toata tristetea asta, prefer sa fiu singura.

https://www.youtube.com/watch?v=OYrwFNwv6hk

vendredi 6 janvier 2017

Fratele meu, vesel




https://www.youtube.com/watch?v=lnHswinTsOU



Sunt unele momente, în care, trăind absolut normal, nimic nu ni se pare a fi mai la stânga sau mai la dreapta decât momentul de dinainte sau momentul de după... Cu toate acestea, ele rămân în memoria unora din jurul nostru ca niște semne importante, care vor dura chiar și după ce vom muri.

As vrea sa ninga, "zapada ne-ngroape"...



Ce bine "zice"  Beksinski!!!

jeudi 5 janvier 2017

Sandu a murit



https://youtu.be/kKuPNHFwtDs




Asa mi-a scris Michi, pe skype, azi-noapte.
Fara punct la capat. Si m-am gandit ca poate mai e vreo continuare. Dar nu.
Nu cred ca e nimic dupa moarte.
Cred ca nu e nimic dupa moarte.
Nu cred ca mai e ceva dupa moarte.
Dar daca totusi o mai fi ceva dupa moarte, acuma Sandu stie.


lundi 2 janvier 2017

Ce mi-a scris azi Michi 😟:

Au marit doza si pt durere si sedativ. L am intrebat ce faci puisor, a zis stau, si a adormit