mercredi 1 mars 2017

La réalité et "la réalité"

Je pense que la réalité, la vraie réalité, est quelque chose de beaucoup plus vaste que ce que nous sommes capables d'appréhender avec nos moyens sensitifs, spirituels, intellectuels, intuitifs…
-- Ce qui NE doit PAS nous décourager à connaitre au maximum possible la partie qui correspond à nos capacités. Nos capacités correspondent à nos besoins. Ne pas utiliser nos capacités seulement parce que nous ne connaissons pas "the big picture" équivaudrait à ne plus tenter de satisfaire nos besoins.
-- Mais cela VEUT DIRE qu'il faudrait toujours garder une grosse réserve concernant le degré de certitude de nos connaissances. A commencer avec les petits racontars et en finissant (provisoirement) avec les trous noirs et les fontaines de lumière.
Une fois arrivés ici, je voudrais montrer combien facilement on peut se tromper sur la réalité... ou, en fin, ce qu'on appelle "réalité". Et cela MÊME en deçà de nos capacités!
Les deux images suivantes sont tirées d'un article très intéressant (*), où elles illustrent autre chose que celle dont je m'occupe ici.
La première image montre un rectangle avec deux couleurs qui alternent, c'est simple:




Mais imaginons que, en fait, les deux zones noires de la première image ne sont pas le background du rectangle (cela n'étant qu'une interprétation que notre cerveau est habitué de faire), mais que, tout au contraire, les deux zones noires sont situées DEVANT ce qu'on croit être un simple rectangle. Situées entre nos yeux et le rectangle. Et qu'elles nous empêchent de voir des éléments qui nous permettraient de comprendre de façon complétement différente l'image! Les voici!





Voilà, ce que je voulais montrer: même dans le cadre d'une partie de la réalité qui s'adresse à une capacité que nous avons -- la vue -- on peut se tromper très facilement. Ça donne à réfléchir. N'est-ce pas?

(*) L'article d'où viennent les images, ici:
https://jerome.gangneux.net/blog/2015/03/14/The-AI-Revolution-The-Road-to-Superintelligence.html


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...et puis, en réponse à un ami:

N-non, je n'avais pas donné comme exemple ces deux images pour tromper le sens de la vue de mes amis. Je voulais mettre en évidence -- justement -- la facilité avec laquelle nos sens sont trompés, avec la complicité de nos cerveaux, effectivement, dans la vie de tous les jours. Par exemple, nous sommes trompés par des choses que nous CROYONS VOIR parce qu'ON S'ATTEND à ce qu'elles soient là: dans mon exemple, le noir est pris pour background, parce qu'on est habitués à ce qu'une figure (ici le rectangle composée de deux couleurs en alternance) soit présentée sur un background. Donc, on tire hâtivement la conclusion que nous avons sous les yeux un rectangle et son background. Certains pourraient "voir" le tout en un seul plan (2D), d'autres pourraient "voir" le rectangle comme plus proche des yeux que le background (3D). Mais peu de gens iraient spontanément s'imaginer que, peut-être, les choses noires se trouvent entre les yeux et le "rectangle". Et que ces choses noires pourraient cacher d'autres choses.
La plupart des gens qui passeraient par-là, se diraient: "Tiens, un rectangle!" Ils iraient à la maison ou au boulot (imagine-toi si c'est un journaliste!) et diraient aux autres "Aujourd'hui, j'ai vu un rectangle. Je l'ai vu de mes yeux."
Très peu de gens qui passeraient par-là se diraient: "Tiens, quel truc! C'est quoi ça?" Et peut-être qu'ils essayeraient de comprendre ce qu'ils voient. Je ne dis pas qu'ils réussiraient tous. Mais pour comprendre que la chose est plus complexe que ce qu'elle en a l'air, ou peut-être différente de ce qu'on croit voir à la première vue, il est nécessaire d'avoir un doute, une incertitude. De dire ensuite: "Tiens, j'ai vu une chose qui ressemblait à un rectangle. Je ne sais pas ce que c'était, mais ça ressemblait beaucoup à un rectangle". S'il s'agirait d'un journaliste, ce serait un honnête journaliste. Ou un journaliste qui a une très bonne école! Ensuite, si on veut diminuer le degré d'incertitude, il faudrait vérifier la chose.

Je souris. Je me rappelle que j'ai trouvé très intelligente la définition de la validation. Te rappelles-tu?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Validation
<<[…] Dans le cas d’une validation d’un procédé, il s’agit d’établir, AVEC UN NIVEAU D’ASSURANCE ÉLEVÉ, une preuve documentée qu’un procédé particulier donnera constamment un produit conforme à ses spécifications et à des caractéristiques de qualité prédéterminées.>>
C'est moi qui ai mis ici en majuscules les mots qui me font penser que cette définition est très intelligente Pourquoi? Parce que cette définition admet qu'on ne peut jamais être sûr à 100% de notre validation. Et pourtant, mon Dieu, ce n'est pas faute de vérifier! Bon, tu vas me dire, mais c'est comme ça toute la science. Tu as raison. Mais je ne vois pas pourquoi ce serait différent dans la vie de tous les jours. Et pourtant, dans la vie de tous les jours, la plupart des gens assimile les informations qu'on nous donne dans les médias, sans se poser beaucoup de questions. Nous ne pouvons pas vérifier toutes ces informations, d'accord. Mais alors qu'on garde toujours un doute. Qu'on ne soit pas sûrs d'une chose seulement parce que d'autres le sont. "Aujourd'hui, j'ai vu un rectangle. Je l'ai vu de mes yeux."...

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